1er Mai 2010 : discours

, par udfo30

DISCOURS DU 1er MAI 2010– FO Gard.

Chers amis, chers camarades,

Nous sommes rassemblés à Nîmes en ce 1er mai 2010 pour renouer avec le sens historique du 1er mai, qui n’est pas comme l’a voulu Pétain, de sinistre mémoire, « la fête du travail », mais au contraire « la journée internationale de revendication des travailleurs » en lutte contre leur exploitation par la classe des capitalistes, patrons et financiers !

Quelle actualité que ce sens premier et fondateur au moment où nos camarades grecs sont en train, par la grève générale, de se dresser contre les exigences des spéculateurs, des financiers, du FMI, et de l’Union européenne réunis qui veulent leur faire payer la crise d’un système capitaliste à l’agonie.

Quelle actualité au moment où chaque jour, dans le silence des médias aux ordres, des milliers de salariés chinois s’affrontent ouvertement avec ceux qui veulent privatiser leurs usines, les chasser de leurs terres, de leurs maisons, pour que règne sans contraintes dans ce pays la dictature du profit, du libre marché, qui chez nous, ferme nos usines et désindustrialise nos départements.

Tout cela pour assurer toujours plus de profits pour les spéculateurs, les banquiers et les patrons.

Alors en ce 1er mai 2010, la CGT-FO le proclame haut et fort : vive la solidarité internationale des travailleurs, fondement d’un monde nouveau d’où disparaitra l’exploitation de l’homme par l’homme, « le patronat et le salariat » comme l’ont écrit nos illustres prédécesseurs dans la Charte d ’Amiens de 1906. Charte d’Amiens qui est le document fondateur du syndicalisme libre et indépendant dans notre pays. N’oublions jamais d’où nous venons, tant il est vrai que celui qui n’a pas de passé, n’a pas d’avenir !

Ce rappel des fondamentaux étant fait, venons en à la situation d’aujourd’hui, et aux questions que doivent affronter les salariés et le mouvement syndical.

La question qui domine toute la situation sociale pour les deux mois à venir est incontestablement celle des retraites.

Ce n’est pas nous qui l’avons voulu. C’est un choix délibéré du gouvernement et du patronat sous la pression des marchés financiers qui n’en finissent pas de vouloir faire payer leur crise aux peuples.

Rappelons nous qu’en 2003, dernière grande remise en cause de notre système de retraite, la clause de revoyure avait fixé le nouveau rendez vous en 2012. Le choix de 2010 est donc directement lié à une modification induite par les malheureux (mais prévisibles) évènements qui ont secoué la finance mondiale.

Si nous ne perdons pas cela de vue, alors nous commençons à comprendre l’opération qui est en train de se dérouler, et avec laquelle beaucoup de gens voudraient que nous soyons complices : un nouveau hold-up sur notre salaire différé, sur nos acquis laborieusement gagnés par nos aînés.

Quelle est cette opération dont le maître d’œuvre est le président de la république et le gouvernement ? :

- Acte 1 : faire établir un consensus comme quoi il y aurait un problème de pérennité de notre système de retraites, ce qui nécessiterait leur contre-réforme. Inclure dans ce consensus les partis d’opposition et les syndicats.

- Acte 2 : organiser un débat sur la base de ce consensus où chacun apporterait ses solutions pour « une bonne réforme ».

- Acte 3 : le principe d’une « réforme » étant acté, les syndicats étant mouillés par l’acceptation d’une « réforme », il ne reste plus au gouvernement qu’à présenter un texte législatif liquidant l’existant, qui a déjà été bien rogné par les « réformes » précédentes : 1993, 2003 et 2007. Ce texte étant soumis aux élus des partis ayant avalisé la nécessité d’une « réforme ».

Tout cela agrémenté de journées d’actions savamment dosées pour servir de soupapes de sécurité, mais ne permettant pas d’inverser les choses.

Mais voilà, il existe dans ce pays une Confédération, la CGT-Force Ouvrière, qui reste indépendante, qui n’a jamais renié la charte d’Amiens constitutive de la vieille CGT historique, celle de Léon JOUHAUX, celle qui a refusé en 1948 de devenir la courroie de transmission d’un parti politique d’obédience stalinienne...

- En clair : à FO nous ne marchons pas dans la combine !

Non-pas, par idéologie, mais tout simplement parce que les faits et chiffres montrent qu’il n’y a pas besoin d’une « réforme », ou plutôt devrions nous dire, d’une « contre-réforme » des retraites pour assurer leur pérennité !

L’UD FO vous a distribué un tract pour appeler à ce rassemblement dans lequel il est clair, nombres à l’appui, que sans les 225 milliards d’euros détournés du financement des retraites au profit du patronat et des actionnaires entre 1992 et 2007, il n’y aurait aucun déficit des retraites du privé, et un allègement supérieur à 200 milliards d’euros du déficit budgétaire de l’Etat.

Avec le maintien du partage des richesses entre le travail et le capital tel qu’il était avant la politique de rigueur du gouvernement de 1982, ce sont des milliards d’euros supplémentaires qui seraient rentrés dans les caisses de l’Etat et de la Sécurité Sociale. En effet, depuis cette date, le curseur de ce partage a évolué de 10 points en faveur du capital, au détriment des salaires. Ce qui d’ailleurs n’a pas été pour rien dans le déclenchement de la crise financière que l’on nous oppose aujourd’hui.

La productivité du travail a été multipliée par 4 depuis 1960. Ce qui signifie que si les salariés avaient bénéficié intégralement de l’augmentation des richesses qu’ils ont produites, il suffirait aujourd’hui de 3 actifs pour financer 1 retraité. Et encore moins en 2040, date qu’ils nous présentent comme celle de l’apocalypse...

Et ne parlons pas du budget de l’Etat qui est dilapidé, ou non alimenté, pour enrichir encore plus les financiers, banquiers, actionnaires et spéculateurs. Et dont nos gouvernants font payer la note aux fonctionnaires, y compris en voulant détruire leur statut, notamment en matière de retraite.

- IL N’Y A PAS DE REFORME DES RETRAITES A FAIRE !

-  IL N’Y A QU’UN RETOUR A UN FINANCEMENT HONNÊTE !

- ALORS, FACE AU MENSONGE ORGANISE ET RELAYE VISANT A MANIPULER L’OPINION PUBLIQUE ET LES SALARIES,

- Force Ouvrière DIT : NON, NOUS NE MARCHONS PAS.

LES SALARIES, TOUS LES SALARIES, DU PUBLIC COMME DU PRIVE, ENSEMBLE, NOUS AVONS RAISON DE REFUSER UNE AGGRAVATION DE NOTRE EXPLOITATION ! TOUS ENSEMBLE ! TOUS ENSEMBLE !

Ceci étant posé, la nouvelle question est donc : COMMENT GAGNER ?!

Et bien , à FO, nous disons :

en premier, il faut être clair sur ce que nous voulons ! Donc sur nos revendications !

Et comme, à FO, nous faisons ce que nous disons, les voici nos revendications :

- 40 ans, c’est déjà trop
- maintien de l’âge légal de départ à 60 ans ;
- maintien du taux plein sur les 40 annuités dans la perspective d’un retour aux 37, 5 annuités ;
- retour aux 10 meilleures années pour le privé ;
- maintien des 6 derniers mois pour le public ;
- maintien des régimes spéciaux ;
- maintien du statut de la Fonction Publique ;
- maintien de la CNRACL .

En bref : ne touchez pas à nos retraites !

En second, il faut être efficace quant au mode d’action :
Et bien, à FO, nous disons : cela suffit les journées d’actions à répétition qui ne mènent à rien ! Où plutôt si, qui mènent aux défaites comme nous l’avons vu en 2003 et encore l’an dernier.
Cela suffit de la fausse unité dans des inter syndicales où tout le monde doit s’aligner sur celui qui ne veut revendiquer que ce que veulent le patronat et le gouvernement . Chacun comprendra de qui je veux parler !

C’est pourquoi, FO, par la voix de son secrétaire général, jean claude MAILLY s’est adressée à toutes les autres confédérations pour leur proposer l’UNITE D’ACTION SUR LES REVENDICATIONS PAR UN APPEL UNITAIRE A BLOQUER LE PAYS :

- UN APPEL A LA GREVE FRANCHE, AU MOMENT OPPORTUN, LA GREVE INTERPROFESSIONNELLE DE 24 H BLOQUANT LE PAYS.
- LA GREVE QUI OBLIGE GOUVERNEMENT ET PATRONAT A LEVER LEURS MENACES ET LEURS ACTIONS CONTRE NOS RETRAITES.
Il faudra bien que les responsables des autres organisations syndicales répondent à cette proposition autrement que par le mépris et la fausse désinvolture, car il est évident que les salariés n’accepteront pas de se voir déposséder de leurs acquis sociaux fondamentaux.

C’est pourquoi, pour finir mon propos, je vous engage, vous tous, lorsque vous retournerez sur vos lieux de travail, et dans vos domiciles et quartiers, à faire connaître à tous les salariés la proposition d’unité d’action de Force Ouvrière. Cette mobilisation pour gagner le maintien et l’amélioration de nos retraites, nous la construirons tous ensemble, chacun à son niveau et avec ses possibilités. D’ores et déjà, Force ouvrière vous dit : vous pouvez compter sur une organisation syndicale indépendante et déterminée.
Retroussons nous les manches ! Et ils ne passeront pas sur nos retraites ! Nous gagnerons cette bataille de 2010 !

Les salariés de ce pays ne sont pas battus et ils vont se faire entendre.  
Aujourd’hui 1er mai, FORCE OUVRIERE s’adresse aux salariés de ce pays : avec vous, nous sommes prêts ! Constituez, renforcez vos syndicats et rejoignez nous, organisation libre et indépendante !  
Et quoi qu’il advienne, FO prendra ses responsabilités !  
Vive le syndicalisme libre !  
Vive le 1er mai de revendications et de solidarité internationale des salariés et des peuples !  
Vive FORCE OUVRIERE !