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Discours FO du 1er mai 2011

En ce 1er mai 2011, la confédération générale du travail FORCE OUVRIERE adresse son salut le plus chaleureux et le plus fraternel à l’ensemble des travailleurs de France, d’Europe et du monde entier. Journée de mise en avant des revendications et d’expression de la solidarité internationale, ce 1er mai l’est plus que jamais compte tenu à la fois de la crise capitaliste internationale et des réactions des travailleurs et des peuples, dont le peuple tunisien qui a porté une révolution.

Au nom de l’Union Départementale FORCE OUVRIERE du Gard, je vous remercie d’être présents pour témoigner de votre solidarité envers l’ensemble des salariés qui souffrent dans leur quotidien.

Mais aussi vers ceux que les gouvernements, défenseurs des intérêts des capitalistes, oppressent, condamnent, dont ils remettent en cause leurs droits, y compris celui de s’organiser librement en syndicat, et cela quelles que soient les étiquettes politiques derrière lesquelles ils se présentent.

Mes chers camarades, quand les travailleurs et le peuple tunisiens se lèvent, c’est d’abord pour réagir à leurs conditions sociales fortement dégradées par la crise, c’est aussi pour exiger le respect, la dignité, la liberté et la démocratie. C’est pareil en Egypte, au Bahreïn, au Yémen ou ailleurs. Ce vent qui souffle au proche et au moyen orient est celui de l’émancipation et il est de notre rôle de soutenir, par notre solidarité, les travailleurs qui partout dans le monde exigent leur dû et veulent des syndicats libres.

Mais c’est aussi mes camarades, en ce 1er mai, le moment de ne pas oublier la population japonaise et tous les travailleurs qui sont victimes d’une double peine. Après les catastrophes naturelles que sont le séisme et le tsunami, ils ont subi une fois de plus les conséquences radioactives d’un accident nucléaire.

Ce qui est en cause, ce n’est pas le nucléaire en tant que tel, mais comme nous l’avons toujours dit, il s’agit d’une énergie spécifique qui exige des garanties et sécurité optimales qui ne doivent en aucun cas relever de la logique des marchés mais être sous contrôle public, sécurité des travailleurs concernés et sécurité des populations étant étroitement liées.

Alors mes camarades, Français, Européens ou Japonais, même combat ! Celui de l’internationalisme ouvrier.

Le 1er mai, c’est aussi l’occasion d’exprimer nos revendications.

Sur les retraites le gouvernement français a mené à bien son entreprise de réduction des droits sociaux. Il l’a fait sous l’égide de l’Union Européenne et avec le concours de nos homologues syndicaux.

Par l’Union Européenne d’abord : la réforme des retraites a été placée sous tutelle du pacte de stabilité et de croissance. Souvenez vous l’accord du sommet européen de Barcelone en 2001 pour augmenter de 5 ans dans toute l’Union Européenne l’âge de départ à la retraite d’ici 2012. Souvenez vous que cet accord avait été paraphé à l’époque par le Président de la République et son Premier Ministre, Messieurs Chirac et Jospin.

La position du Conseil Européen des Chefs d’Etats a été claire : la réforme des retraites est avant tout une logique strictement financière, elle concerne tous les pays d’Europe et il s’agit de faire travailler les salariés plus longtemps, prétextant de l’allongement de l’espérance de vie, alors que la motivation est exclusivement budgétaire.

Dans ce dossier mes camarades, le gouvernement a bénéficié de la complicité d’autres organisations syndicales. Dès le début, FO a revendiqué le retrait du projet quand les autres organisations syndicales se contentaient d’annoncer qu’elles voulaient l’aménager, ce qui revenait à l’accepter.

Saluons ici la ténacité des salariés, leur engagement dans les manifestations et une mention spéciale pour les camarades FO qui ont permis de rendre FO incontournable en participant activement à la manifestation FO du 15 juin 2010.

Mais le dossier n’est pas clos pour FO. Mes chers camarades, FORCE OUVRIERE ne renoncera jamais, comme l’a réaffirmé notre dernier congrès confédéral, à réobtenir notamment les 60 ans et la réduction de la durée de cotisation nécessaire, tout comme nous défendrons la répartition et le statut général de la fonction publique.

Ce dossier, mes camarades, illustre de la meilleure des façons, la nécessité impérieuse de conserver l’indépendance syndicale vis-à-vis des institutions politiques (de l’Union Européenne à l’Etat), de tous les partis et des autres organisations syndicales.

Venons en maintenant aux problèmes du jour pour les salariés et le syndicalisme.

Nous allons voir que nous y retrouvons les mêmes questions de fond que sur la réforme des retraites, mais à une puissance supérieure.

Il s’agit des salaires directs et différés qui incluent l’existence de services publics assurant une répartition égalitaire et optimale de la richesse produite par le travail.

Nous retrouvons la même problématique que sur les retraites :

D’abord une Union Européenne et sa banque centrale qui fixent le cadre dans le consensus de tous les gouvernements qui la composent, quelles que soient leurs couleurs politiques.

C’est le « pacte pour renforcer la compétitivité européenne » adopté le 11 mars par les 17 chefs d’État de la zone euro qui a de très graves conséquences sociales, tant sur les salaires, les retraites que les services publics de tous les États européens.

Son contenu : réformes des marchés du travail pour rendre l’emploi encore plus précaire et flexible ; réformes fiscales prétextes à des baisses de l’imposition des entreprises et « du coût du travail » ; nouvelles modérations salariales (ou gel) en particulier dans les secteurs publics ; remise en cause implicite de l’indexation des salaires sur les prix là où elle existe encore ; nouvelles dégradations des systèmes de retraites, de soins et de prestations sociales au motif fallacieux d’un alignement avec « la situation démographique nationale » et « l’espérance de vie » : le menu est celui d’une régression sociale généralisée.

Ce pacte « éconuisible » n’a d’autre objectif que de généraliser une austérité drastique et permanente en Europe, et ce, dans le seul but de donner de nouveaux gages aux marchés financiers.

Il n’y a qu’à regarder le dernier pacte européen adopté le 11 mars dernier. Obnubilés par la réduction du coût du travail comme outil de compétitivité, partisans de fait du dumping social et fiscal, les gouvernements européens légalisent l’austérité en renforçant le pacte de stabilité pourtant déjà à l’origine des mécanismes capitalistes à l’origine de la crise.

FORCE OUVRIERE a dénoncé ce pacte des loups de la finance qui renforce une fois de plus l’emprise des marchés financiers sur les Etats.

Et afin de rendre irréversible cette soumission aux marchés financiers face à la colère, à la révolte même, des peuples concernés, l’engagement a été pris d’institutionnaliser ces mesures sous couvert de limitation des déficits publics.

C’est-à-dire qu’il s’agit de faire payer par le social la dette accumulée auprès des institutions financières, notamment depuis la crise financière de 2008.

C’est donc ainsi que le 16 mars dernier, le gouvernement français a adopté un projet de réforme constitutionnelle visant à « constitutionnaliser la rigueur » en interdisant tout ce qui entraverait la réduction des déficits publics pour atteindre les critères de Maastricht (3% du PIB d’ici 2013) et 0% à l’horizon 2016.

En voulant constitutionnaliser le zéro déficit, le gouvernement veut graver dans le marbre l’austérité, ce qui est socialement inacceptable, économiquement suicidaire et attentatoire aux principes républicains.

Ce projet de réforme constitutionnelle, en discussion dans la Commission des finances de l’Assemblée Nationale depuis le 13 avril, et soumis au parlement à partir du 3 mai, fait l’objet d’une véritable « omerta » de la part des partis politiques représentés à l’Assemblée, ainsi que des autres organisations syndicales. On peut donc s’interroger sur le contenu du respect de cette « loi du silence » sur une question qui concerne directement la vie des millions de salariés, et la liberté des organisations syndicales.

N’y a-t-il pas une similitude avec l’acceptation de la discussion de la réforme des retraites, alors que les salariés en voulaient le retrait ?

La connaissance par les salariés de ce véritable complot contre la démocratie ôtant à la représentation nationale (le parlement) toute latitude en matière budgétaire, donc politique, puisque toute décision budgétaire annuelle sera contrainte d’avance par le respect de la nouvelle constitution, serait-elle propre à une révolte et une mobilisation encore plus forte que sur les retraites ?

Faut-il cacher à tous les militants syndicaux que leur volonté de défendre les revendications de leurs mandants serait désormais encadrée directement par la nouvelle constitution ?

C’est-à-dire en clair, qu’il leur serait interdit de revendiquer autre chose que l’accompagnement de l’austérité et la casse et la privatisation de tous les services publics, la liquidation de la santé et de la protection sociale, l’encadrement des salaires et des retraites ?

FORCE OUVRIERE, en organisation libre et indépendante, une fois de plus, ne jouera pas ce jeu là.

C’est pourquoi l’Union Départementale FO du Gard a décidé, en ce 1er Mai 2011, journée internationale de revendication et de solidarité, de mettre au centre une double exigence :

LE RETRAIT DE LA REFORME CONSTITUTIONNELLE ET UNE REELLE HAUSSE GENERALE DES SALAIRES.

N’est-il pas indécent d’apprendre dans une dépêche de l’agence Reuters du 29 avril, publiée par le journal patronal « Les Echos » : « le bénéfice net de Total s’est élevé à 3 104 millions d’euros au premier trimestre (+35%), à un niveau supérieur aux 2 935 millions attendus par les analystes interrogés par la rédaction de Reuters, pour un chiffre d’affaires de 46 029 millions (+22%). Le titre Total a clôturé jeudi sur un cours de 43,005 euros, enregistrant une hausse proche de 8,5% depuis le début de l’année. » ?

Cela au moment où le PDG de Total annonce : « le super à 2 euros le litre, c’est inéluctable ».

Y-a-t-il meilleur exemple pour montrer que les intérêts des salariés et ceux du patronat, notamment des actionnaires, au premier chef desquels sont les grands groupes financiers nationaux et internationaux, sont totalement contradictoires ?

Ne le vit-on pas douloureusement dans le bassin alésien avec le sort réservé aux salariés de l’entreprise Richard Ducros ?

Est-ce la fonction d’un gouvernement républicain que de s’aligner sur la défense des intérêts d’une couche sociale minoritaire au détriment des intérêts de la majorité de la population ?

Est-il républicain de constitutionnaliser la soumission de la représentation nationale à des exigences financières décidées ailleurs ?

Dans un autre registre, qui concerne également la défense de la République, plutôt que de faire des débats fumeux et dangereux sur la laïcité, ne faut-il pas tout simplement la respecter, respecter la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat, consacrer les fonds publics aux services publics, demander l’abrogation des amendements adoptés en 1942 sous Pétain qui ont ouvert la porte au financement privé ?

Comme la liberté, la laïcité ne se décline pas, on ne lui colle pas des adjectifs : elle est ou elle n’est pas.

Et pour que soit possible l’existence et l’action du syndicalisme indépendant, il faut préserver la République conquise de haute lutte par la Révolution Française de 1789 et dont le contenu a été enrichi par les mouvements populaires de 1848, 1871, 1936 et 1944-45 aux cœur desquels étaient les salariés organisés.

Ce 1er mai, mes camarades, c’est l’occasion de rappeler que le rôle du syndicat est bien de défendre les garanties collectives et individuelles des salariés.

Pour mener à bien cette tâche, le syndicalisme doit s’appuyer sur des revendications claires, déterminées, élaborées en toute indépendance.

Le syndicat doit pouvoir affirmer avec fierté ses valeurs et ses principes. Comment pourrait-il le faire s’il est englué dans un syndicalisme rassemblé ou bridé par des dispositions institutionnelles contraignantes en matière de revendications ?

Mes camarades, nous continuerons à défendre la liberté de comportement du syndicat et à recourir à l’unité d’action quand elle est nécessaire.

A ce jour, nos positions ont permis à d’autres syndicats de nous rejoindre. Il faut amplifier ce mouvement et aller à la rencontre des salariés ; de tous les salariés.

Syndicalisation et développement sont plus que jamais liés.

Ne pas baisser les bras malgré les attaques, faire renaître l’espoir et rassembler sur le respect des travailleurs, la défense de leurs intérêts dans la droite ligne l’indépendance et de la liberté syndicales.

Avec courage, détermination et si nécessaire colère, faire de FORCE OUVRIERE la première organisation syndicale digne de ce nom dans ce pays.

Notre Force : l’indépendance.
Notre Outil : la syndicalisation.
Une seule Force Syndicale : FORCE OUVRIERE.

Vive le 1er mai international et solidaire !

Vive la Confédération générale du travail FORCE OUVRIERE !

Vive l’Union Départementale du GARD FORCE OUVRIERE !



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